Sur nos plages, les meilleurs sauveteurs de France s’entraînent à Hendaye

Ce mercredi matin, 27 mai, une vingtaine de nageurs sauveteurs en formation ont investi la plage d’Hendaye. Sous la direction de Vincent Bousignère, major de police et chef de plage du Porge Océan, ils s’y préparent à surveiller le littoral français tout entier. Un choix qui n’est pas anodin.

Une formation nationale, une plage d’exception

Chaque année, la direction centrale des CRS fait le même choix : c’est au Pays basque, et nulle part ailleurs, que se forme le socle de tous les nageurs sauveteurs de France. La raison est simple, et elle dit beaucoup sur la réputation de notre côte. « Quand on est formé ici au Pays basque, on peut être sauveteur sur tout le littoral français », explique le Major, responsable pédagogique du stage.

Cette année, ce sont 58 nageurs sauveteurs fraîchement diplômés qui ont transité par la commune, dont 24 cette semaine, avant de rejoindre leurs postes sur l’ensemble des plages hexagonales, de la Méditerranée à la Normandie, en passant par l’Atlantique. Hendaye, terrain d’apprentissage incontournable, fait ici office de tronc commun national du sauvetage aquatique.

Concrètement, cette formation aborde l’intégralité des aspects à la mission de MNS sur les plages du littoral français, ainsi que la découverte de l’ensemble des outils leur permettant de travailler au quotidien. La semaine en cours à Hendaye (pour 2 jours, et après sur le reste du littoral basco-landais) constitue la troisième et dernière étape du cycle. Après quoi, les stagiaires affectés en Méditerranée prolongeront leur formation à Ollioules pour les spécificités locales, ceux de l’ouest à Saint-Brieuc, pour le nord ils seront sur Dunkerque pour la pratique du zodiac et la surveillance de longues étendues de plage, et Lège-Cap-Ferret pour le littoral Aquitain. Et tous les trois ans, les MNS confirmés doivent aussi repasser ce stage, permettant en plus de créer du lien, d’apporter un partage de connaissance et d’expérience.

Hendaye, un cadre d’apprentissage idéal

Pourquoi Hendaye plutôt qu’ailleurs ? La plage correspond, selon les formateurs, à « un standard qu’on peut retrouver un peu partout sur le plan national ». Mais elle offre un avantage décisif : une eau déjà à 18 degrés fin mai, quand d’autres sites n’atteindront cette température que bien plus tard dans la saison. Un détail qui facilite considérablement l’immersion, au sens propre comme au sens figuré, pour des stagiaires qui, pour certains, posent un pied dans l’océan pour la première fois.

Ce mercredi matin, on les voyait travailler sur paddle, travailler la bouée tube, la bouée Uaina, « un produit typique du Pays basque, un outil fabuleux », et s’enchaîner aux exercices de course-nage-course que les encadrants réalisent avec eux, pour montrer l’exemple. Le lendemain, direction Seignosse, pour des conditions plus exigeantes : baïnes, passages de barre, vagues franches. La progression est méthodique. On apprend dans les bonnes conditions, puis on teste grandeur nature.

La logistique joue aussi : le cantonnement d’Anglet, à quelques kilomètres, simplifie l’hébergement d’une promotion entière. Hendaye et le Pays basque forment ainsi un dispositif complet, éprouvé, que la direction nationale reconnaît comme une référence.

Seuls les meilleurs arrivent ici

Accéder à un poste de surveillance sur les plages basques ou aquitaines n’est pas à la portée de tous. La sélection est exigeante : chaque CRS passe chaque année une aptitude médicale et un concours de natation en piscine, commun à l’ensemble des 60 compagnies. Le classement obtenu conditionne directement les affectations. « Voilà pourquoi il est si difficile de poser un pied sur votre plage », résume le Major avec un sourire. « Seuls les meilleurs arrivent. »

Ce niveau d’exigence se retrouve dans la formation elle-même, conçue pour couvrir l’intégralité du métier : de l’ouverture du poste de secours à l’intervention aquatique, en passant par le secourisme, la relation avec le public, la gestion des urgences et même les spécificités de la faune locale, vives, méduses, physalis. Sur ce dernier point, les jeunes sauveteurs apprennent les protocoles précis qui entrent en jeu dès qu’un banc de physalis est signalé : alerte à la préfecture, au SAMU, coordination avec les pilotes d’hélicoptère de la base de Biarritz qui peuvent en repérer la progression depuis les airs. Rien n’est laissé au hasard.

Des sauveteurs au service de tous

Au-delà du sauvetage stricto sensu, le rôle des MNS tel que le décrit le Major est profondément humain. Surveiller une baignade, c’est une concentration permanente, sans rupture. C’est aussi savoir répondre à l’estivant qui cherche son enfant, renseigner sans quitter la mer des yeux, gérer une situation tendue avec calme. « Un malaise, un enfant perdu, une entorse aux raquettes… tout ça, ça se travaille », explique le major.

Les CRS disposent en outre d’un pouvoir de police qui leur permet de faire respecter la tranquillité publique : interdiction de fumer sur la plage, interdiction des chiens, gestion des nuisances sonores. Dans une société où la plage rassemble toutes les couches de la population, ce rôle de régulation douce est de plus en plus sollicité par les élus locaux. « Notre objectif, c’est que quand vous partez à cinq, vous reveniez à cinq, et que tout le monde ait passé une bonne semaine ». Et que, des années plus tard, les enfants d’aujourd’hui reviennent à Hendaye parce qu’ils en gardent le souvenir d’un endroit où il faisait bon vivre.

Un objectif partagé par tous les acteurs du quotidien qui accompagne les visiteurs du littoral.

Des CRS mais aussi des pompiers

Sur Hendaye, mais aussi sur tout le littoral du Pays Basque, les CRS ne sont pas les seuls occupants des postes de secours, les pompiers du SDIS 64 complètent les effectifs des acteurs de la surveillance de la plage.

De plus, le poste de la grande plage est voisin de la structure Handiplage permettant à tout le monde de profiter de la plage.

 

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